Qu'est-ce qu'une mare ? La vie dans les mares.

Les insectes

En Franche-Comté comme ailleurs, le monde des insectes est très vaste et encore très peu connu, y compris pour les mares. Il représente une très grande part de la diversité des êtres vivants.

On retrouve dans les mares les nombreux insectes qui ont besoin de l’eau pour leur cycle vital, comme les élégantes libellules qui sont relativement bien connues.
[JPG] Anax
Photographies Guillaume DOUCET

Leurs larves totalement aquatiques sont carnivores et capturent leurs proies à l’aide de leur lèvre inférieure disproportionnée (appelée masque) qu’elles projettent en avant. Les adultes restent prédateurs mais vivent dans le milieu aérien, dans lequel ils sont très à l’aise.

On verra ainsi souvent des libellules voler autour de la mare, comme par exemple l’anax empereur (ci-dessus), la plus grosse de toutes, ou le plus fin et discret agrion mignon (faites glisser votre souris sur la photo ci-dessus...).

Les énigmatiques porte-bois sont bien des insectes (on les appelle aussi trichoptères), camouflés pour leur vie larvaire dans un fourreau confectionné avec les moyens du bords : petits graviers, débris végétaux… Les adultes sont ailés et vivent à l’air libre. On peut alors les reconnaître grâce à leurs ailes « en toit » au repos.

Les diptères, grande famille d’insectes comprenant les bien connus et mal aimés moustiques, sont souvent très dépendants du milieu aquatique stagnant pour le développement des larves. Ils comprennent un très grand nombre d’espèces. Les vers de vase en font partie. Il s’agit des larves de chironome, dont les adultes ressemblent aux moustiques mais ne piquent pas l’homme, eux...

Autre famille d’insectes bien connue des pêcheurs, les éphémères (Ephéméroptères pour les intimes). Leurs larves sont aquatiques et vivent principalement dans les eaux courantes, mais quelques espèces préfèrent les eaux stagnantes comme celle des mares. Comme leur nom l’indique, les éphémères adultes ne vivent que quelques heures, après avoir émergé du milieu liquide. Ces émergences se produisent en masse et sont un spectacle magnifique pour le chanceux observateur.
[JPG] Ephemer
La larve qui s'est transformée en cet éphémère adulte se développe dans le milieu aquatique (photographie Guillaume DOUCET)

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Les punaises (groupe des Hétéroptères) sont bien présentes sur les mares.
- Le gerris « marche sur l’eau » à grandes enjambées, grâce à des poils spéciaux situés à l’extrémité de ses grandes pattes. Il se nourrit d’autres petits animaux.

[JPG] Nepe

 

 

- La nèpe cendrée marche aussi mais au fond de l’eau. Ses pattes avant, copiant celles d’un scorpion, l’aident à capturer ses proies.

 


Cette nèpe cendrée se devine à peine dans la vase...
(photographie Laurent DELAFOLLYE - CREN)

 

- La notonecte , petite, n’en est pas moins redoutable. Elle se reconnaît facilement par sa nage particulière, la tête en bas.

- Le naucore capture ses proies à l’aide de ses pattes avant terminées par d’impressionnants crochets.

Que de prédateurs ! Il paraîtrait qu’elles piquent, ces punaises ! En tous cas assez rarement d’après notre petite enquête, et sans doute seulement si on commence à trop les embêter en les manipulant.

Le groupe des Coléoptères est très bien représenté dans ces milieux, avec encore beaucoup de prédateurs. Ils sont souvent capables de voler, ce qui peut leur servir pour coloniser de nouveaux sites en cas de problème.

[JPG] Dytique
Le dytique, avec ses grandes pattes arrière et sa jolie carapace noire à bord blanc, est spectaculaire et facilement reconnaissable. C’est un redoutable prédateur (à son échelle…), aussi bien à l’état larvaire qu’à l’état adulte.
Les donacies sont de petits coléoptères dont les larves vivent sous l’eau grâce à un ingénieux stratagème pour se fournir en oxygène : elles percent les tiges des plantes et récupèrent l’oxygène qui s’y trouve !
Les gyrins ont une technique originale pour dérouter leurs prédateurs : en groupe, ils tournent à toute vitesse sur eux-mêmes à la surface de l’eau.

Et les papillons ? Eh bien il n’y a pas à proprement parler d’espèce de papillon strictement liée aux mares. De nombreuses viendront cependant se nourrir voire se reproduire sur les plantes fleuries des berges…

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Protection :

Une liste nationale d’insectes protégés existe : Arrêté du 23 avril 2007 fixant la liste des insectes protégés sur l’ensemble du territoire et les modalités de leur protection. La Franche-Comté comprend plusieurs espèces de libellules protégées au niveau national : L'Agrion de Mercure Coenagrion mercuriale (Charpentier, 1840) / La Leucorrhine à front blanc Leucorrhinia albifrons (Burmeister, 1839) / La Leucorrhine à large queue Leucorrhinia caudalis (Charpentier, 1850) / La Leucorrhine à gros thorax Leucorrhinia pectoralis (Charpentier, 1825) / La Cordulie à corps fin Oxygastra curtisii (Dale, 1834)

Régionale : il n'existe pas encore de liste régionale d'insectes protégés mais des priorités ont été définies dans le cadre des ORGFSH (orientations régionales de gestion de la faune sauvage et de ses habitats), élaborées en 2003 pour la Franche-Comté. Une liste rouge régionale est en cours d'élaboration.